C’est depuis le village d’Ariège où s’est établi le « Guetteur de l’aube », que le philosophe Pierre Bayle (1647-1706), ce précurseur du Siècle des Lumières, dut s’exiler en Hollande parce que résistant au royal pouvoir catholique-romain. Sa devise, véritable phare pour nous aujourd’hui, « Je suis citoyen du monde, chevalier au service de la vérité », traduit admirablement la philosophie de votre serviteur.
Ce n’est pas pour rien que Bob Dylan (et son ami Hugues Aufray en France) chantait il y a plus de 40 ans « The times they’re a- changing… »(1), car n’est-ce pas là le propre des poètes visionnaires que d’annoncer les temps à venir ? Aujourd’hui, nous pouvons chanter avec lui :« The times they are coming ! »
En effet, beaucoup devront désapprendre pour comprendre. Comprendre en particulier qu’il est d’autres manières d’être au monde… « L’Occidental ne vit pas il fonctionne. » disait Gandhi.
Le modèle dominant du matérialisme aveugle de l’Occident, glorifiant l’ancien paradigme du diviser pour régner, appartient déjà au passé. Il fonctionne encore par la force de l’habitude tout comme un bateau court sur son aire après qu’on en ait amené les voiles.
« Si nous ne vivons pas comme des frères, nous mourrons comme des fous. » affirmait Martin L. King, plus jeune Prix Nobel de la Paix à l’age de 36 ans en 1964, assassiné en 1968.
Ainsi les supposées hiérarchies de castes, de couleurs de peau et les divisions de croyances au nom d’une même divinité touchent bientôt à leurs fins et résonne encore à nos oreilles la chanson « War » du regretté Bob Nestor Marley. Il reprenait le discours prononcé en 1963, au siège de l’O.U.A. dans la capitale d’Ethiopie, Addis Abeba, par le Ras Tafari, plus connu sous son nom de monarque, Haïlé Sélassié, roi des rois, Négus, Empereur d’Ethiopie (1892-1975). Lui, le dernier descendant de la plus ancienne dynastie de cette planète, remontant au roi Salomon et à la reine de Saba (Xe siècle avant J.-C.), proclamait : « Jusqu’à ce que la philosophie qui soutient l’existence d’une race supérieure et d’une autre inférieure, soit discréditée et abandonnée de façon permanente, jusqu’à ce qu’il n’existe plus de citoyens de première et de seconde classe au sein d’une nation, jusqu’à ce que la couleur d’un homme n’ait pas plus d’importance que la couleur de ses yeux, jusqu’à ce que les droits fondamentaux des hommes soient garantis à tous, de façon légale et sans considération raciale, jusqu’à ce jour, le rêve d’une paix durable, l’ambition de devenir citoyen du monde, et l’existence souveraine d’une morale internationale, ne seront qu’une illusion fuyante (…) et nous ne connaîtrons pas la paix… ». N’oublions pas que son discours de 1936 devant la Société des Nations (ancêtre des Nations
Unies) s’était avéré prophétique concernant les invasions nazies qui s’ensuivirent en Europe !
Il est plus que temps de préparer l’avenir auquel nous force cette transition délicate qui précède l’année 2012(2), au cours de laquelle nous verrons les derniers devenir les premiers. Quant aux actuels premiers, s’ils n’abandonnent pas leur arrogance pour ouvrir leur cœur, alors, paix à leurs cendres bientôt refroidies…
Nous devons beaucoup à la sagesse amérindienne qui nous rappelle que nous sommes tous UN, In lakesh : je suis un autre toi-même, disent les Maya.
Tandis que l’armée U.S. massacrait son peuple, le chef Joseph, de la tribu Nez-Percé, proclama « Vous pouvez tuer nos corps mais vous ne tuerez pas nos esprits et nous reviendrons sous la forme de vos propres enfants. » Un siècle après, apparaissait la génération hippie(3) qui portait les cheveux longs comme les amérindiens dont elle redécouvrit la vision écologique qu’elle retrouva ensuite sur les routes de l’Inde et d’ailleurs. Alors que l’Occident s’égarait, le bon sens paysan aidant, les jeunes néo-ruraux écologistes se feront accepter dans les campagnes françaises qu’ils font revivre aujourd’hui.
Un peu de reconnaissance s’impose aujourd’hui à l’égard des écologistes de la première heure qui ont développé une vie autonome |
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en harmonie avec la nature ainsi préservée. C’est à leur vision anticipatrice et à leur ingéniosité que nous devons la nourriture bio, les énergies alternatives, l’essor des médecines douces, l’éco-construction et les tentatives de commerce équitable, pour faire bref. N’oublions pas l’écologie intérieure, pour reprendre l’image de Marc de Smedt, le directeur du magazine Nouvelles Clés, selon laquelle « à quoi cela servirait-il d’avoir un jardin superbement entretenu si la maison est une porcherie ?… » De quoi méditer, de nos jours où Hamlet s’interrogerait en ces termes : « Être ou paraître, that’s the question ? »
Force est de constater que l’Occident gavé aux fast-food et à la T.V., produit plus d’obèses et de malades que nulle part ailleurs sur la Planète, pour le plus grand profit d’une cohorte de charognards, subventionnés par Bruxelles et par la Sécurité sociale.
Serge Gainsbourg ne disait-il pas « Les salauds vivent du travail, de la maladie et de la misère des imbéciles et se servent d’eux pour neutraliser ceux qui s’en rendent compte. »
Si vous poursuivez la lecture de ce magazine c’est que vous avez choisi votre camp, à moins que ce ne soit par curiosité… Soyez les bienvenus, car même si pour certains le réveil sera brutal, il n’en sera pas moins salutaire pour tous !
« En ce qui concerne le futur, pas d’inquiétude, mais des actes. » Chandra Swami.
Or, les solutions existent et il est temps de les faire connaître au plus grand nombre.
« Notre secret s’appelle Justice. » Ahmed Shah Massoud (1953-2001) « le Lion du Panshir », assassiné le 9 septembre 2001, deux jours avant les « attentats sur les Twin Towers » à N.Y.C….
Effectivement, la justice pour tous et les idéaux que nous sommes nombreux à avoir nourri (autant qu’ils nous nourrissaient…) au fil des quinze dernières décennies, sont des concepts viables. Henri-David Thoreau, son diplôme de Harvard en poche en 1837, tourna le dos à l’enseignement pour l’étude de la Bhagavad Gita(4), ce texte sacré fondateur de l’hindouisme. Décidé à en vivre les préceptes, c’est en pleine nature que notre homme, au bord de son étang, écrivit « Walden ou la vie dans les bois », avant de devenir plus tard le chantre de « La désobéissance civile » qui fut le livre de chevet de Gandhi, inspira Tolstoï, Martin Luther King et jusqu’à notre José Bové national.
Nous avons encore à l’oreille le « Imagine » de John Lennon, or l’imagination comme la pensée sont créatrices et nous sommes de plus en plus nombreux à en constater l’efficacité par l’usage de la loi d’intention/attraction, une fois que nous en avons compris le fonctionnement. Le film « The Secret », disponible en français à l’automne 2007 en offre une flagrante démonstration.
« Quand le pouvoir de l’amour remplacera l’amour du pouvoir, alors nous vivrons en paix », répétait Jimi Hendrix à la suite de William E. Gladstone. Utopie, diront certains cyniques, ce qui faisait répliquer à Théodore Monod, ce grand écologiste, « ce qu’on appelle utopie relève de l’irréalisé et non pas de l’irréalisable ».
Concluons avec Victor Hugo, qui proclamait que « Les utopies sont les vérités de demain ». Or demain, c’est aujourd’hui et nous voyons enfin poindre cette aube que l’humanité attend…
Puisse ce numéro UN du « Guetteur de l’aube », placé sous le signe de l’UNITÉ, et les suivants vous en transmettre toute la généreuse lumière, qui rayonne de plus en plus fort…
Et puisque les nouveaux itinéraires ne sont pas encore goudronnés, « bonne piste », avec le Guetteur de l’aube !
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